Dans un mouvement significatif vers la modernisation, le gouvernement français a annoncé ce mardi le lancement d’un assistant conversationnel, destiné à remplacer certaines tâches répétitives des agents de la fonction publique. Après plusieurs mois d'expérimentation auprès de 10.000 agents, cet outil sera désormais accessible à environ un million d'agents de l’État.
David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a souligné lors d'une conférence à Bercy que l’outil est "sécurisé et souverain". L'ambition est claire : offrir aux agents davantage de temps pour interagir avec le public, tout en rationalisant les processus internes, comme la rédaction de comptes rendus ou la gestion de certaines procédures administratives.
Alimenté par les technologies de la start-up Mistral, cet assistant, nommé "L'Assistant", représente un coût de 700.000 euros pour l’État. Ce projet s'inscrit dans une volonté plus large de numérisation, alors que le gouvernement annonce un investissement supplémentaire de 655 millions d'euros dans l'intelligence artificielle, en amont du salon VivaTech à Paris.
Par ailleurs, en juin, le gouvernement généralise également un outil de traduction, "Diplo IA", qui couvrira une soixantaine de langues. David Amiel a également prévu d’introduire des outils d'IA générative pour les téléconseillers dans certaines maisons France Services, soulignant l’importance cruciale de la technologie dans les services publics.
Cependant, cette initiative ne se fait pas sans controverses. Selon Luc Farré, secrétaire général de l'Unsa fonction publique, les syndicats devront garantir la prééminence de l’humain dans ces processus. Roxane Sirven de la CGT fonction publique a ajouté qu’il est impératif de considérer les conséquences de l’introduction de l’IA, notamment sur l'emploi, afin de ne pas engendrer de suppressions de postes.
Des formations à l’IA seront également intégrées aux programmes des écoles de service public, comme l’Inet et l’INSP, pour préparer les agents aux défis de demain. Ces décisions s'inscrivent dans un contexte de réorganisation numérique de l’État, surtout après une récente cyberattaque ayant touché l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), révélant la vulnérabilité des systèmes d’information de l'État.
À la lumière de ces developments, le cabinet de David Amiel a assuré que l'intégration de la technologie de Mistral reste "réversible", assurant ainsi une certaine flexibilité pour l’avenir.







