Le 9 juillet 2018, un moment marquant pour l'Afrique de l'Est, a vu la signature d'un accord de paix historique entre l'Érythrée et l'Éthiopie. Cet événement a clos des années d'affrontements qui avaient débuté peu après l'indépendance érythréenne en 1993. C'est en effet un climat de tension économique et territoriale qui avait exacerb é les relations entre ces deux pays, conduisant à la guerre de 1998 à 2000, ayant causé des pertes humaines alarmantes, notamment 19 000 soldats érythréens et environ 80 000 au total, d'après France 24.
Cette guerre, dont l'héritage a perduré, a envenimé les relations bilatérales. En réaction à la montée des tensions, un accord de paix a été signé le 18 juin 2000 à Alger. Toutefois, la méfiance est restée omniprésente, avec des épisodes sporadiques de mobilisation militaire des deux côtés, comme l'indique le site de Sciences Po.
Ce n'est qu'en 2018 que la situation a pris un tournant décisif. Les dirigeants des deux nations, le président érythréen Isaias Afwerki et le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, ont signé un nouveau traité, scellant ainsi la fin de l'état de guerre. À cette occasion, Abiy Ahmed a déclaré : « C'est un jour d'unité et de paix », promesse qui semble prendre racine à l'époque actuelle où la coopération entre les deux pays se renforce de jour en jour.
Ce geste a non seulement apaisé les tensions entre les deux nations, mais a également suscité des espoirs de stabilité pour toute la région de la Corne de l'Afrique. Les analystes s'accordent à dire que cet accord pourrait servir de modèle pour d'autres conflits africains. L'universitaire et expert en relations internationales à l'Université de Paris, Dr. Léa Berruchon, souligne que « le chemin vers une paix durable nécessite encore des engagements solides des deux parties et une volonté de dialogue continu ».
Le retour à la normalité a également été illustré lors de la visite d'Abiy Ahmed à Asmara, la capitale érythréenne, où il a été accueilli en héros. Parallèlement, diverses initiatives ont vu le jour pour renforcer les échanges commerciaux et culturels entre les deux pays. Toutefois, une vigilance reste de mise, car les cicatrices laissées par le passé sont encore fraîches.







