Le 29 janvier, le Sénat se penche sur une proposition de loi visant à abroger la loi Hulot et à relancer l'exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins. Une telle démarche est perçue comme un recul environnemental face aux enjeux économiques locaux, selon plusieurs ONG.
Présentée par le sénateur de Guyane Georges Patient (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants), cette PPL vise à supprimer l'interdiction de rechercher et d'exploiter des hydrocarbures imposée par la loi Hulot de 2017. Les partisans de ce projet affirment que la mesure est nécessaire pour répondre aux difficultés économiques des territoires concernés, arguant d'une « déconnexion des objectifs de réduction de consommation ».
Pourtant, la loi Hulot a été considérée comme l'une des avancées majeures en matière d'environnement durant le mandat d'Emmanuel Macron. Juliette Renaud, coordinatrice aux Amis de la Terre, souligne : « Il ne faut plus de nouveaux projets fossiles. C'était crucial de l'inscrire dans la législation française », alors que la communauté scientifique alerte sur l'urgence d'agir contre le changement climatique.
Les réactions à gauche sont tout aussi virulentes. Fabien Gay, sénateur du groupe Communiste, rétorque : « Il n’y a aucun argument social, économique ou environnemental en faveur de ce texte. C’est une illusion totale ».
Des préoccupations environnementales et une inégalité territoriale
Le gouvernement n'a pas encore pris de position officielle à ce sujet. Cependant, quatorze ONG, dont Greenpeace et le Réseau Action Climat, s'opposent fermement à cette loi, rappelant les impacts environnementaux dévastateurs que peuvent engendrer les projets d'exploitation. Il est crucial de considérer que près de 80 % de la biodiversité française se trouve dans les outre-mer, une richesse à préserver.
Quant aux promesses de développement économique avancées par les supporters de la PPL, Juliette Renaud reste sceptique. « Ces projets sont plus intensifs en capital qu'en main-d'œuvre. Souvent, la main-d'œuvre n'est pas locale et les conditions de travail sont déplorables », alerte-t-elle. Ce qui pose un risque immense pour les secteurs locaux tels que la pêche et le tourisme.
Fabien Gay rappelle également que, malgré les espoirs, les tentatives d'exploration passées n'ont pas porté leurs fruits : « Entre 2011 et 2017, TotalEnergies a obtenu plusieurs permis de recherche en Guyane, mais n’a rien trouvé de fiable », explique-t-il, tout en mettant en avant que les conséquences des explorations débutent dès cette phase.
Enfin, une inégalité territoriale flottante alimente le débat. Des groupes tels que Guyane Nature Environnement et Mayotte Nature Environnement dénoncent une « injustice territoriale », arguant que les territoires les plus pauvres de la République sont sacrifiés pour des besoins énergétiques métropolitains, alors que des zones en métropole restent épargnées de telles exploitations.







