- François Migaud mène l'unique liste déclarée des élections municipales du 15 et 22 mars 2026.
- Les villageois sont partagés entre revitalisation et protection de leur tranquillité.
- Possibilité de deux autres listes d'ici le 26 février.
« Pour Castelmoron, un village vivant et uni. » C'est le slogan de la liste conduite par François Migaud dans le plus petit village de France, situé en Gironde. Avec seulement une cinquantaine d’habitants vivant sur 3,54 hectares, il est à peine plus grand que la place de la Concorde à Paris. Le maire actuel, pour des raisons de santé, ne brigue pas un nouveau mandat, ce qui ouvre une nouvelle page dans l’histoire de ce village.
La campagne électorale à Castelmoron est peu conventionnelle. « La campagne se déroule au gré des rencontres », dit Migaud. Ce petit bourg, perché sur un piton rocheux, charme par ses ruelles pittoresques, mais fait face à un vieillissement de sa population et à des infrastructures en souffrance, exacerbées par la crise viticole touchant la région.
Un village à réveiller
François Migaud souligne la complexité d'assurer la parité au sein de sa liste, car bien que le village compte plus de femmes, beaucoup d'entre elles sont engagées professionnellement. L’achèvement de sa liste dépend encore de la confirmation d'un potentiel candidat. Pendant ce temps, l'héritage du passé se fait sentir ; un ancien café fermé rappelle une époque où le village était animé. Daniel Aucoin, ancien militaire et natif de Castelmoron, désire ardemment redynamiser le village. « Il faut que ça bouge ! », scande-t-il comme un cri de ralliement.
Malgré cette volonté de ravivement, des tensions entre colistiers émergent souvent. Lors d’un échange entre Aucoin et Philippe Beaucamp, les désaccords fusent : l'un souhaite valoriser l'épicerie participative du village voisin, tandis que l'autre doute de son efficacité. « Tu es insupportable », raille Daniel, alors que Philippe répond, mi-souriant, « Voilà, vous avez un aperçu de la dynamique ici. »
Des sérénades de désaccord
Les newcomers, Bérangère et Vincent Bossard, espèrent quant à eux qu'une attractivité accrue amènera davantage de visiteurs. Cependant, certains villageois s’accrochent à leur calme provincial et craignent qu'une arrivée massive de touristes ne vienne troubler leur tranquillité. « C'est un peu comme à Clochemerle », compare Aucoin.
Une deuxième liste pourrait voir le jour avant la fin des candidatures, amenant des relations tendues, déjà présentes, à un niveau supérieur.
Conscient de l'importance des interactions sociales, François Migaud propose de créer un espace de pique-nique et un service pour aider les plus âgés à faire leurs courses. « Castelmoron est une pépite, résume-t-il, nous apprécions la tranquillité avec un soupçon d’animation, sans en faire trop. » Si la communauté parvient à trouver un consensus, Castelmoron-d'Albret pourrait bien devenir le modèle d'un village alliant tradition et modernité.







