Le fonds d'investissement américain Pershing Square a récemment soumis une proposition aux actionnaires d'Universal Music Group (UMG), mais le groupe Bolloré, principal actionnaire du géant musical, a exprimé des réserves critiques. Le PDG, Cyrille Bolloré, a demandé que cette offre soit refusée, la qualifiant de «non bénéfique».
Cyrille Bolloré a fait ces commentaires durant l'assemblée générale de son groupe le 27 mai. «Je pense que cette offre n'est pas bénéfique pour la société. Je recommande fortement au management d'Universal de ne pas l'accepter», a-t-il déclaré, soulignant l'importance d'une décision réfléchie. Actuellement, Bolloré détient 18,4 % du capital d'UMG.
En face, Pershing Square possède environ 4,7 % d'UMG. Leur offre, formulée en avril, valorise Universal Music à hauteur de 55 milliards d'euros. Bill Ackman, à la tête de Pershing Square, propose une fusion entre UMG et une entité qu'il a créée, Pershing Square SPARC. Cependant, Cyrille Bolloré remet en question cette initiative, affirmant : «Nous n'y croyons pas, et je doute même qu'Ackman y croie lui-même».
Nous avons également appris que les deux hommes s'étaient rencontrés pour discuter de l'offre. Bolloré a déclaré avoir sollicité l'avis des investisseurs avant de porter un jugement définitif, ne voulant pas simplement balayer l'idée d'un revers de main.
L’importance stratégique d'UMG ne saurait être sous-estimée, surtout en période de crise. Cyrille Bolloré la considère comme «l'un des actifs les plus précieux» de son groupe, offrant une «protection face à des réalités économiques fluctuantes». Bien que la vente d'une portion de ses actions soit envisageable, le prix proposé par Pershing Square, à 22 euros, est jugé trop bas.
Par ailleurs, Bolloré a également critiqué les méthodes de financement de l’offre de Pershing Square, pointant que Bill Ackman «n'investit pas ses fonds propres mais utilise un endettement» qui compromet le contrôle d'UMG. De plus, il s'est interrogé sur la compatibilité d'Ackman avec la gestion actuelle d'Universal, malgré ses compétences avérées.
L'offre sera examinée par le conseil d'administration d'UMG lors d'une réunion à venir. Pour que l'accord se fasse, l'approbation des deux tiers des actionnaires sera requise. Cela dit, Bill Ackman a été clair : «Sans Bolloré, il n'y a pas de transaction».







