L'assemblée de Mayotte a officiellement approuvé mercredi la création d'un établissement public pour la gestion du port de Longoni, prévu pour entrer en fonction le 1er septembre. Cette décision, bien qu'essentielle, laisse subsister des doutes quant à l'avenir du port, qui est l'unique installation portuaire en eau profonde de la région, et qui joue un rôle crucial en recevant la majorité des biens consommés sur l'île.
Le vote, qui a vu 14 voix pour, 2 contre et 3 abstentions parmi les 19 membres présents, met fin à des semaines de discussions sur les modalités de transition post-résiliation du contrat avec l'opérateur actuel, Mayotte Channel Gateway (MCG). Toutefois, le président du Département-Région, Ben Issa Ousséni, a signalé que des incertitudes subsistent concernant la durée de vie exacte de cet établissement public, soulignant : "Nous ne pouvons pas présager de la pérennité de cet EPIC tant que le statut du port n'est pas clarifié par l'État".
Prévu pour reprendre 60 employés de MCG, l’établissement public industriel et commercial (EPIC) devra garantir la continuité des opérations de déchargement des navires, en attendant le projet futur de transformation en un grand port maritime, comme stipulé par la loi du 11 août 2025. Ousséni a précisé que l’EPIC représente "la solution la plus juste et cohérente" face à l'absence de ressources suffisantes pour gérer le port.
La résiliation du contrat avec MCG, qui exploitait le port depuis 2013, a été confirmée par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 2 juin dernier. La cour avait reproché à MCG des ajustements tarifaires jugés illégaux. Ces manquements à la règle ont conduit à la décision de cesser le contrat, comme l’indique l’agence AFP.
Ida Nel, la directrice de MCG, a exprimé son indignation face à cette décision, la qualifiant d'injuste et pointant du doigt la "négligence" du département dans sa gestion. Cette opinion est partagée par plusieurs personnes présentes lors du vote, où l'ambiance était animée par les clivages entre les défenseurs et les opposants de l'EPIC.
Les débats au sein de l'hémicycle ont été vigoureux, avec des opposants soulevant des préoccupations quant au coût de la mise en place de l'EPIC, qui pourrait atteindre entre 4 et 8 millions d'euros, largement supérieur aux estimations initiales d'un million. L'élue Hélène Pollozec a averti concernant les risques liés à des solutions temporaires pouvant dégénérer en situations durables.
De l'autre côté, les représentants des syndicats, ainsi que ceux de la CGT-Mayotte, ont exprimé leur enthousiasme face à cette avancée. Malidi Madi a déclaré : "C'est une grande avancée pour nous. Nous, jeunes Mahorais, sommes prêts à relever le défi et espérons un avenir mieux soutenu pour le port". Il est à noter que le port de Longoni est vital pour l'approvisionnement de l'île, recevant environ 95% des biens nécessaires à la vie quotidienne des Mahorais.







