Des représentants d'élus locaux ont quitté une réunion organisée mardi par le ministère de la Transition écologique, dénonçant ce qu'ils considèrent être une "parodie de concertation" sur le projet gouvernemental visant à instaurer une consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique. Selon eux, il s'agit d'une initiative de "greenwashing".
Nicolas Garnier, de l'association de collectivités Amorce, a expliqué à l'AFP que les associations de collectivités avaient quitté les négociations ce matin, rappelant leur fermeté face à une mesure qu'ils qualifient d'"écoblanchiment". Ces élus, accompagnés par diverses ONG et associations de consommateurs, critiquent une initiative qu'ils jugent largement inspirée par les multinationales du secteur des boissons.
Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a exprimé son regret sur Twitter, affirmant que c'est dommage que les associations d'élus ne veuillent pas participer à la concertation mise en place par le gouvernement et appelant à un dialogue constructif.
Les élus déplorent que le projet ne concerne pas le réemploi des bouteilles en plastique, mais uniquement leur recyclage, une approche qu'ils jugent moins efficace pour l'environnement. "La notion de 'consigne' est trompeuse", a déclaré M. Garnier.
Des menaces de rétorsion ont également été envisagées par des représentants de syndicats de gestion des déchets, qui sont prêts à "aller au bras de fer" avec le gouvernement si ce dernier ne reconsidère pas sa position. Ils ont même évoqué la suspension de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).
Selon Jean-François Vigier, président du Siom qui est chargé de la gestion des déchets pour 21 communes du sud de Paris, le véritable combat doit être dirigé contre l'usage excessif du plastique. Le taux de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique a seulement atteint 58,4 % en 2024, alors que l'objectif est de 90 %. Si cet objectif n'est pas atteint, la mise en place de la consigne pour recyclage sera obligatoire à compter du 1er janvier 2029, a précisé M. Lefèvre sur X.







