Le commissaire européen à l'énergie, Dan Jorgensen, a effectué une visite à Alger ce jeudi dans le but d'intensifier l'approvisionnement en gaz algérien. L'Union européenne, cherchant à diversifier ses partenariats en réponse à la restriction des importations de gaz russe, voit en l'Algérie un allié essentiel.
« Cette rencontre arrive à un moment critique, alors que nous travaillons à réduire notre dépendance au gaz russe », a souligné Jorgensen lors d’un point de presse conjoint avec des représentants algériens. Il a ajouté : « L'Algérie est déjà un partenaire majeur en matière de gaz et son importance ne fera que croître ».
Pour affaiblir Moscou économiquement, l'UE impose une interdiction des importations de gaz russe à partir de l'automne 2027. En conséquence, l'Europe s’emploie à découvrir de nouvelles sources d'approvisionnement tout en évitant une dépendance accrue au gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis, vers lequel elle s'est orientée pour compenser l’absence de gaz russe.
« Il y a une inquiétude croissante, que je partage, quant au fait de remplacer une forme de dépendance par une autre », a averti le commissaire. Par ailleurs, il a mentionné la situation tendue avec les États-Unis concernant le Groenland, soulignant la nécessité pour l'Europe de rechercher d'autres partenaires énergétiques.
Bruxelles engage des discussions avec plusieurs pays tels que le Canada, le Qatar et ceux d'Afrique du Nord pour renforcer son approvisionnement en GNL. Selon des statistiques récentes, au troisième trimestre de 2025, les États-Unis constituaient 60% des importations européennes de GNL, contre 24% début 2021.
L'Algérie se positionne actuellement comme le troisième fournisseur de gaz dans l'UE, représentant 7,7% des importations, juste après la Russie (12,7%) et la Norvège, qui domine avec 51,8% au dernier trimestre.
Avec 14,6% des importations de gaz acheminées par gazoduc, l'Algérie se positionne au deuxième rang après la Norvège, renforçant son rôle clé dans la stratégie énergétique de l'UE.







