Le président russe, Vladimir Poutine, a récemment proposé le nom de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur européen dans le conflit ukrainien. Toutefois, cette suggestion suscite de vives inquiétudes au sein de l'Union européenne.
Kaja Kallas, la ministre estonienne des Affaires étrangères, a exprimé ses réticences, décrivant la situation comme un «piège» russe destiné à semer la division au sein de l'Europe. Elle a déclaré : «Je pense que c'est un piège dans lequel la Russie veut nous faire tomber», ajoutant que l'UE doit maintenir son unité face à Moscou.
Lors d'une réunion à Limassol (Chypre), Kallas a insisté sur l'importance de définir des objectifs clairs avant de discuter d'un éventuel médiateur, disant : «Il faut savoir de quoi nous discutons avec la Russie». Ainsi, pour avancer vers une «paix durable», l'UE doit s'assurer que les négociations ne servent pas à relâcher la pression sur Moscou.
Le ministre des Affaires étrangères de Lituanie, Kestutis Budrys, a également souligné que la position de Poutine est actuellement défensive. Selon lui, le moment est propice pour presser Moscou à participer à des pourparlers de bonne foi. «Ce n'est pas le moment de discuter de qui va mener les négociations, nous devons concentrer nos efforts sur l'augmentation de la pression sur la Russie», a-t-il déclaré.
Le ministre estonien Margus Tsahkna a également exprimé des préoccupations similaires, indiquant que la proposition de médiation pourrait simplement servir à donner du temps à la Russie. «Être médiateur signifie être neutre, ce qui pourrait réduire la pression sur la Russie», a-t-il averti.







