L'Iran et les États-Unis se réuniront ce jeudi pour une troisième session de pourparlers indirects en Suisse, dans l'espoir de sortir de la situation actuelle de "ni guerre ni paix", comme l'a décrit le président iranien.
À quelques heures de l'ouverture de ces discussions à Genève, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a évoqué un "gros problème", accusant Téhéran de délaisser la question de son programme de missiles balistiques. Ce dossier est crucial pour Washington, aux côtés de la question nucléaire.
Depuis le début de l'année, les deux parties affirment être ouvertes au dialogue, tout en se disant prêtes à envisager une action militaire, laissant chaque scénario possible.
Le président américain Donald Trump, ayant renforcé les capacités militaires dans le Golfe, insiste sur une résolution diplomatique du conflit, tout en dénigrant les "ambitions nucléaires sinistres" de Téhéran.
Il déclare que l'Iran a développé des missiles capables de menacer l'Europe et ses installations militaires, tout en cherchant à créer des missiles plus puissants, susceptibles d’atteindre les États-Unis. Le ministère iranien des Affaires étrangères a immédiatement répondu à ces accusations, affirmant que leurs missiles n'atteignent pas plus de 2000 km.
Cette question des armements est au cœur des tensions : les États-Unis désirent inclure le programme de missiles balistiques dans les discussions, ainsi que le soutien de l'Iran à des groupes armés hostiles à Israël, une demande que Téhéran refuse catégoriquement. L'Iran insiste plutôt pour limiter les discussions au seul programme nucléaire, tout en exigeant la levée des sanctions qui étouffent son économie.
Marco Rubio a confié lors d’une conférence à Saint-Kitts-et-Nevis : "Le président préfère des solutions diplomatiques, mais il est essentiel d'aborder d'autres sujets au-delà du programme nucléaire."
Malgré le climat de défiance, Abbas Araghchi, chef de la délégation iranienne, a déclaré qu'un accord était "à portée de main", la qualifiant d'"opportunité historique". Le président Massoud Pezeshkian a partagé une vision optimiste, espérant mettre fin à la situation de "ni guerre ni paix".
Cependant, M. Araghchi a souligné que le succès de ces négociations dépendra de la "sérieux de l'autre partie et de sa capacité à éviter des positions contradictoires".
Les États-Unis sont représentés par l'émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Trump, qui doivent également discuter avec l'Ukraine, durant leur présence à Genève.
Le dialogue entre l'Iran et les États-Unis a débuté en février à Oman, suivi d’une première réunion en Suisse le 17 du même mois.
Les tensions se sont intensifiées après des manifestations sanglantes en janvier en Iran. Trump avait promis d'aider le peuple iranien, suscitant des inquiétudes quant aux conséquences d'une éventuelle intervention militaire.
Emile Hokayem de l’Institut international d’études stratégiques (IISS) à Londres a noté qu'un nombre croissant d'États au Moyen-Orient cherchent à convaincre les États-Unis d'éviter un conflit. "Cependant, les craintes demeurent quant à l'intensité d'une éventuelle guerre, qui pourrait être bien plus importante que celle de 2025", observe-t-il.
Tayebeh, une femme de 60 ans, exprime son inquiétude quant aux effets d'une offensive américaine, tout en cherchant désespérément une issue à l'incertitude actuelle, déclarant : "Les gens souffrent, mais avec la guerre, notre sort serait clair."







