Des barges hudsoniennes en danger : un appel urgent pour la sauvegarde d'un migrateur mythique

La barge hudsonienne, migrateur des Amériques, est au bord de l'extinction. Que peut-on faire?
Des barges hudsoniennes en danger : un appel urgent pour la sauvegarde d'un migrateur mythique
Photographie d'illustration, une barge brune (Limosa haemastica) se promène le long des berges du Tage, près du pont Vasco da Gama à Lisbonne, au Portugal, le 12 septembre 2024. - Photo par JORGE MANTILLA / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
De l'océan Arctique à la Patagonie, la barge hudsonienne parcourt 30.000 km par an le long des Amériques, un périple de plus en plus dangereux pour cet oiseau migrateur menacé d'extinction.

La barge hudsonienne (Limosa haemastica), un oiseau emblématique, fait face à un déclin alarmant. En quarante ans, sa population a chuté de 95%, un phénomène dû principalement aux effets du changement climatique et à d'autres menaces environnementales. Ce migrateur fait partie des 42 espèces qui pourraient bénéficier d'une protection internationale lors de la réunion de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) de l'ONU, débutée le 23 mars 2026 au Brésil.

Parmi les autres espèces en danger figurent la chouette des neiges, la hyène rayée et le requin marteau. Ces animaux partagent une urgence commune : leur survie dépend d'une protection renforcée dans tous les pays qu'ils traversent.

Les barges hudsoniennes parcourent 30.000 km aller-retour

Selon Nathan Senner, écologue et professeur à l'Université du Massachusetts à Amherst, les barges hudsoniennes souffrent d'un "déclin rapide et spectaculaire". Cet oiseau de rivage a la capacité incroyable de voler jusqu'à 11.000 km d'un trait, sans faire halte pour se nourrir. Leur migration s'étend des territoires les plus froids de l'Amérique du Nord jusqu'à la Patagonie, où elles passent l'été australien, réalisant ainsi un trajet total de 30.000 km.

Pour ce voyage épuisant, les barges hudsoniennes nécessitent une "disponibilité prévisible et abondante de nourriture" à chaque arrêt. Toutefois, cette prévisibilité est compromise. Dans l'Arctique, le changement climatique a décalé le printemps, perturbant la période d'éclosion des oisillons et la disponibilité des insectes essentiels à leur nutrition, souligne Senner.

Des changements trop nombreux pour cette espèce

Les ornithologistes s'interrogent sur les raisons pour lesquelles ces oiseaux retardent leur migration de six jours par rapport à une décennie en arrière. "Des signaux que ces oiseaux utilisent pour planifier leurs migrations pourraient être perturbés, ou leur capacité à s'y préparer pourrait être compromise", observe Senner.

À l'extrême sud, en Patagonie chilienne, l'expansion des industries, comme l'élevage de saumons et d'huîtres, a entraîné un développement excessif des infrastructures, perturbant leur habitat naturel. Dans le centre des États-Unis, ces oiseaux rencontrent également des difficultés pour trouver des zones humides, de plus en plus rares en raison de l'utilisation agricole des terres, exacerbant leur combat pour la survie.

"La plupart des espèces peuvent s'adapter à un type de changement, mais pas à toute une série de changements en même temps", résume Nathan Senner.

Pour les oiseaux, la situation s'aggrave plus rapidement

Les discussions actuelles entre les pays signataires de la CMS, réunis à Campo Grande, au Brésil, sont cruciales. Ils ont l'obligation légale de protéger les espèces menacées d'extinction, de conserver leurs habitats, de faciliter leur migration et de collaborer pour préserver la biodiversité.

Un rapport révèle que 49% des espèces signalées sont en déclin, une augmentation par rapport à 44% il y a deux ans. Amy Fraenkel, secrétaire exécutive de la CMS, a exprimé son inquiétude, notant que la situation s'est particulièrement détériorée pour les oiseaux et les poissons migrateurs : en effet, 97% des poissons migrants sur la liste de la CMS sont menacés d'extinction.

Toutes ces espèces migratrices jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes, en fournissant des services vitaux tels que la pollinisation, la régulation des nuisibles et le transport des nutriments. Cependant, une lueur d'espoir se profile à l'horizon : grâce à une augmentation de sa population, le cerf de Bactriane pourrait être retiré de la liste des espèces nécessitant une protection renforcée.

Lire aussi

Des barges hudsoniennes en danger : un appel urgent pour la sauvegarde d'un migrateur mythique
La barge hudsonienne, un oiseau migrateur, a vu sa population diminuer de 95% en 40 ans. Avec le changement climatique, cet espèce est en danger. Découvrez les enjeux de sa sauvegarde.
15h19
Le point sur les négociations de paix en Ukraine : un pessimisme grandissant
Selon Alexander Stubb, les négociations de paix sur l'Ukraine sont dans une impasse, avec la Russie peu encline à la paix. Focus sur les enjeux actuels.
13h43
Israël frappe l'Iran : un sommet diplomatique en plein tumulte
Israël annonce l'élimination d'un leader militaire iranien. Les tensions montent au Moyen-Orient, avec des impacts économiques globaux.
12h49
la visite du pape en guinée équatoriale : tensions et restrictions à l'approche de l'événement
La visite du pape Léon XIV en Guinée équatoriale soulève de vives réactions face aux mesures imposées aux citoyens, entre retenues salariales et tenues obligatoires.
12h18
Iran, entre fanatisme et résilience : quel avenir face à Trump ?
Explorez les tensions entre l'Iran et les États-Unis, entre fanatisme et résilience, et les enjeux d'un accord potentiel avec Trump.
10h36
Réunion diplomatique du G7 : enjeux et attentes autour de l'Iran et de l'Ukraine
Cette réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Paris abordera des enjeux majeurs comme l'Iran et l'Ukraine. Découvrez les détails de l'événement.
09h04