Un projet de loi controversé, qui pourrait être voté ce lundi, prévoit l'application de la peine de mort pour des Palestiniens ayant tué des Israéliens, tandis que cela ne s'appliquerait pas aux Israéliens leurs victimes. Ce texte, proposé par des membres d'extrême droite à la Knesset, attire l'attention au-delà des frontières israéliennes.
Dans une déclaration conjointe, les ministres des Affaires étrangères d'Allemagne, de France, d'Italie et du Royaume-Uni ont exprimé leur « profonde inquiétude » face à ce texte qui élargirait considérablement les conditions d'imposition de la peine capitale. Ils considèrent qu'une telle loi menace les engagements d'Israël en matière de principes démocratiques, incitant ainsi les décideurs israéliens à la Knesset à abandonner ce projet.
Une loi à sens unique
Ce projet de loi, qui devrait passer par plusieurs lectures au Parlement, pourrait indéniablement faire l'objet de recours auprès de la Cour suprême israélienne. La formulation actuelle stipule que quiconque cause la mort d'un citoyen israélien pour des raisons de racisme ou d'hostilité sera passible de la peine de mort. Toutefois, cela ne s'applique pas à l'encontre d'un Israélien tuant un Palestinien. Ce double standard a suscité de vives critiques.
Alain Berset, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, a également appelé Israël à renoncer à ce texte, le qualifiant de « grave recul » par rapport au moratoire de fait en vigueur sur la peine de mort dans le pays depuis des décennies.
Historiquement, la peine de mort n’a été prononcée qu’à deux reprises en Israël — une fois en 1948 pour trahison et à nouveau en 1962 contre le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann. La réinstauration ne manquerait pas de raviver des débats cruciaux sur la justice et l'éthique dans le cadre du conflit israélo-palestinien.







