Il y a six ans, la commune d'Épeigné-les-Bois a vu l'élection non pas d'un, mais de trois maires. Ce modèle de gouvernance, unique en Indre-et-Loire, fait aujourd'hui l'objet de réflexions de la part des édiles qui, bien que n'étant pas candidats à leur propre succession, défendent cette approche innovante comme une solution d'avenir.
Cette expérience audacieuse a suscité des réactions variées, tant au sein de la communauté que vis-à-vis des autorités. Jean Candiago, l'un des co-maires, affirme : "C'est même la seule bonne solution. Cela n'a que des avantages." Pourtant, la route n'a pas été sans embûches. Pour Michèle Prieur, qui se décrit comme "co-maire officieuse", l'acceptation par le public n'a pas été immédiate : "On a eu des ricanements, mais cela s'est amélioré avec le temps."
Des défis face à l'État
Le plus grand défi fut sans doute l'acceptation par l'État. Claire Dupré, autre membre du trio, raconte avoir reçu un avertissement de la sous-préfecture l'alertant d'une potentielle amende pour usurpation de titre. "Nous avons donc pris le soin de modifier nos écharpes tricolores pour nous conformer aux normes," explique-t-elle, ajoutant que Jean Candiago est administrativement le seul maire reconnu.
Un fonctionnement collaboratif
Malgré ces complications, le trio a appris à travailler ensemble. "Nous prenons les décisions par vote. Chaque voix compte, et pour nous, le conseil reste souverain," souligne Candiago. L'utilisation de la technologie, comme WhatsApp, a également facilité la communication et la prise de décisions.
Bien que des erreurs de communication aient été signalées, les co-maires s'accordent à dire que la gouvernance partagée est un modèle prometteur. "Il faut un peu plus d'intelligence collective dans cette configuration. C'est en mettant de côté nos égos que nous avançons," indique Prieur. Dupré conclut : "Le poste de maire peut être très pesant. En tant que trio, nous avons pu partager cette charge."
L'avenir de la gouvernance partagée
À l'approche des nouvelles élections, aucune liste n'a encore été formée, et le trio ne devrait pas être répliqué. Néanmoins, Candiago évoque l'impact positif de leur passage : "Nous avons introduit des ateliers participatifs et espérions que notre modèle serait reconnu par les institutions." Ce modèle pourrait bien être la clé pour encourager l'engagement des jeunes dans la vie politique locale, souligne Claire Dupré. "Je pense que ce type de gouvernance pourrait vraiment les inciter à s'impliquer," assure-t-elle.
Enfin, même sans reconnaissance officielle, le trio a renforcé son amitié tout en réussissant à être inscrit dans l'annuaire des maires d'Indre-et-Loire, prouvant ainsi la viabilité de leur expérience unique.







