Le dimanche 22 mars, le paysage électoral à Bordeaux s'est profondément transformé suite à l'annonce du désistement de Philippe Dessertine. Selon le politologue Ludovic Renard, cette décision influence non seulement le résultat du second tour, mais également l'engagement des électeurs dans cette bataille politique cruciale.
Renard souligne l'importance de ne pas négliger la carte des abstentionnistes du premier tour. Les électeurs des sections de l'ouest de Bordeaux, qui avaient initialement soutenu Dessertine, sont désormais moins nombreux à voter. Cette dynamique laisse potentiellement des réserves de voix dans d'autres quartiers comme Bordeaux sud et la rive droite, traditionnellement favorables à Pierre Hurmic.
La mobilisation des électeurs sera donc déterminante. Le politologue évoque un affrontement nettement marqué entre les candidats de gauche et ceux de droite, exacerbant les enjeux du vote. Alors que les récentes législatives de 2024 ont suscité une forte participation électorale face à l'extrême droite, il demeure incertain si cet élan se reproduira lors de cette élection municipale.
« Si Dessertine était resté, c'était gagné pour Hurmic, mais ce n'est pas automatique dans le sens inverse », déclare Renard. Il prévient que les stratégies de campagne à venir et les débats joueront un rôle crucial dans l'acheminement des voix. Par conséquent, la question du vote utile se pose, notamment pour les électeurs de gauche, qui doivent décider s'ils se déplaceront aux urnes pour soutenir Hurmic, en répondant à des problématiques écologiques et sociales.
« On sait que les 9,6 % de LFI sont très poreux avec l’électorat de Hurmic », poursuit Renard, suggérant qu'un report significatif des voix pourrait se produire.
Les électeurs de Nordine Raymond et de Philippe Poutou, bien que proches des valeurs de Hurmic, pourraient ne pas se mobiliser en masse. « Devront-ils voter pour faire barrage à la droite, ou choisir l'abstention face à ce qu'ils considèrent comme la vieille politique ? » s'interroge le politologue.
Les résultats du premier tour - Pierre Hurmic (27,68 %), Thomas Cazenave (25,58 %), et Philippe Dessertine (20,20 %) - montrent les défis auxquels les candidats devront faire face. Renard conclut que le camp de la droite n'est pas assuré de récolter les voix abandonnées par Dessertine, car le soutien à Cazenave n'est pas automatique.







