Candidat à la mairie de La Courneuve, Aly Diouara n’a pas été présent lors de son procès en appel le 18 mars. Condamné pour diffamation après avoir accusé son rival Oumarou Doucouré de pratiques clientélistes, son absence soulève des questions.
Pas de visage d’Aly Diouara le 18 mars dernier à Paris lors de son audition en appel. Le député insoumis, en course pour la mairie de La Courneuve, avait été reconnu coupable de diffamation pour avoir accusé le socialiste Oumarou Doucouré de comportements clientélistes, notamment des dons de poulets et d’argent liquide. Cette condamnation, intervenue le 9 mars, avait été le résultat de poursuites judiciaires lancées par Doucouré.
Le tribunal a jugé que Diouara n’avait pas fourni les preuves suffisantes pour soutenir ses accusations, un point souligné par LCP. Diouara avait réagi à sa condamnation en annonçant son intention d’appeler, arguant qu'il n'avait pas eu le temps requis pour rassembler des éléments qui pouvaient soutenir sa bonne foi, une affirmation rapportée par Le Parisien.
Malgré cette volonté d’apporter des preuves supplémentaires, Diouara n’a pas assisté à l’audience de son appel. Son avocate, Me Alexandra Boret, a présenté un certificat médical couvrant une période allant du 17 au 20 mars, sans en révéler le motif. « Il souhaitait vraiment être là pour s’expliquer », a déclaré l’avocate, notant que son objectif reste d’obtenir une relaxe. Oumarou Doucouré a pour sa part exprimé sa déception par rapport à l’absence de son adversaire, déclarant dans Le Parisien : « Monsieur Diouara nous a traînés dans la boue. » La prochaine audience est prévue le 26 mars, après le second tour des municipales.
Des accusations troublantes sur les réseaux sociaux
Aly Diouara a présenté des « preuves » sur Le Parisien, le 23 février, incluant des messages Snapchat évoquant des distributions de nourriture et d’argent. Cependant, bien que ces messages aient été relatés, leur authenticité n’a pas pu être confirmée par nos confrères.
« Je ne fais que relater des faits et des témoignages concordants », avait insisté Diouara. Mais Doucouré, en réponse, a qualifié ces affirmations de sans fondement, déclarant qu’ils relèvent de pratiques « qui n’existent pas » et de déclarations « d’une gravité extrême ».
Lors du premier tour des élections municipales du 15 mars, la liste de Diouara a remporté 38 % des voix, devançant celle de Doucouré qui a obtenu 35,4 %. Les Insoumis ont ensuite formé une alliance avec le Parti communiste, représenté par Nadia Chahboune, qui avait réalisé 21,8 % des suffrages.







