Les riverains de la RN10 en Gironde ne supportent plus le bruit incessant généré par le trafic routier. Un collectif d'habitants, nommé RN10 Trop de Bruit, a récemment vu le jour dans la région du Cubzaguais. Composé d'une trentaine de membres, ce groupe demande des mesures concrètes pour atténuer les nuisances sonores sur cette route fortement empruntée par les camions, notamment sur le tronçon entre Cavignac et Saint-André-de-Cubzac, qui est limité à 110 km/h.
Les données de la Direction Interdépartementale des Routes (DIR) indiquent qu'à Peujard, le nombre de véhicules circulant quotidiennement a augmenté de manière alarmante. En 2008, on recensait environ 32 857 véhicules par jour. Ce nombre pourrait atteindre 48 750 véhicules d'ici 2025, dont 23 % de poids-lourds. Face à cette situation, le collectif s'est réuni lors d'une réunion publique en avril dernier et envisage de se constituer en association pour faire entendre sa voix.
Une situation de stress quotidien
Pour de nombreux riverains, la situation est devenue insupportable. Christel, une habitante de Gauriaguet, témoigne de son quotidien marqué par le bruit : "C'est infernal, c'est le bruit, c'est la pollution, et puis la pollution pour la tête," explique-t-elle. L'infirmière libérale, qui a investi dans des fenêtres double-vitrage pour atténuer les nuisances, se retrouve souvent à l'intérieur de sa maison, incapable de profiter de son jardin.
À Virsac, Coralie se décrit comme s'étant "habituée" au bruit ambiant, tout en regrettant la difficulté à trouver un peu de calme, même la nuit en été.
Des conséquences sur la vie immobilière
Les nuisances sonores impactent également le marché immobilier local. Sylvie, une voisine, peine à vendre sa maison malgré son charme. "Les gens adorent la maison, mais quand ils ouvrent la porte du jardin, ils chutent… ah bah non, ça, ce n'est pas possible," déplore-t-elle. Elle a même écrit au président de la République sans obtenir de réponse. Ses espoirs reposent désormais sur le collectif, qui a pour objectif de solliciter des solutions durables.
Cyrille Fortin, l'un des membres fondateurs du collectif, insiste : "On ne peut pas s'habituer à un bruit qui augmente chaque année," souligne-t-il, en référence à l'augmentation prévue de 710 poids-lourds supplémentaires par jour sur cette route d'ici trois ans.
Des solutions à envisager
Les membres du collectif demandent des protections anti-bruit et souhaitent que l’État prenne des mesures sérieuses concernant le bruit ressenti par les résidents. Ils plaident également pour une réduction de la vitesse maximale autorisée sur les tronçons les plus problématiques, voire à 90 km/h pour les voitures et 70 km/h pour les poids-lourds.
Dans les semaines à venir, le collectif prévoit d'entrer en contact avec les autorités compétentes et les élus pour faire avancer ses demandes et enfin apporter un peu de sérénité à leur quotidien.







