Ce dimanche, l'Arabie saoudite, la Russie et cinq autres membres de l'Opep+ se réunissent pour la première fois depuis le départ controversé des Emirats arabes unis de cette alliance incontournable pour la régulation du pétrole mondial.
L'Opep+, regroupant l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires, n'a pas encore commenté cette défection survenue mardi dernier. Les Emirats, traditionnellement l'un des piliers de cette organisation, étaient en effet l'un des deux pays capables d'augmenter significativement leurs niveaux de production.
Le communiqué qui émanera de cette réunion en ligne est d'autant plus attendu, car il pourrait donner la tonalité du marché pétrolier à court terme. Les prévisions des analystes, dont Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management, suggèrent une augmentation des quotas de production de "188.000 barils par jour" pour les pays restants, une décision déjà anticipée par les marchés.
Cette hausse pourrait s'apparenter à celle mise en place en mars, mais doit prendre en compte la part qui revenait aux Emirats avant leur retrait. Cependant, malgré cette annonce sur le papier, il est peu probable qu'elle se traduise par une réelle augmentation de la production, en raison des capacités inexploitées concentrées dans les pays du Golfe, là où les exportations sont compromises par le blocage stratégique du détroit d'Ormuz par l'Iran.
Les derniers chiffres montrent que la production des pays soumis aux quotas est tombée à 27,68 millions de barils par jour en mars, alors que leurs quotas totaux atteignaient 36,73 millions, soit un déficit flagrant de près de 9 millions de barils en moyenne, selon Priya Walia de Rystad Energy.
La situation pénalise particulièrement des pays comme l'Arabie saoudite et l'Irak. De plus, le retrait des Emirats représente un coup dur pour l'Opep+, comme l'indique Amena Bakr de Kpler, qui souligne que cet événement est bien plus significatif que les départs précédents de pays comme le Qatar ou l'Angola.
Les Emirats, dont Abou Dhabi est le quatrième producteur au sein de l'Opep+, ont exprimé des réticences face aux quotas imposés depuis 2021, malgré des investissements colossaux dans leurs infrastructures. Leur compagnie nationale, Adnoc, prévoit d'atteindre une capacité de production de 5 millions de barils par jour d'ici 2027, surpassant largement leur quota actuel de 3,447 millions.
Francis Perrin, chercheur à l'IRIS, a précisé que la capacité soutenable des Emirats atteignait déjà 4,3 millions de barils par jour, posant ainsi un défi sérieux pour l'Opep+ et ses alliés. Le potentiel concurrentiel d'Abou Dhabi, capable de produire à bas coût, pourrait également atténuer l'impact des décisions de Riyad et ses partenaires sur le marché.
Enfin, un autre enjeu majeur se profile à l'horizon : la crainte que d'autres pays, comme le Kazakhstan et l'Irak, rejoignent les Emirats et décident de s'éloigner de l'Opep+ en raison de leurs propres difficultés à respecter les quotas imposés.







