Le Parlement a fait un pas décisif en approuvant, mercredi, l’ajustement urgent du corps électoral pour les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. Cette adoption, votée largement par 386 voix contre 127, s'est déroulée en présence du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Le texte a rencontré un soutien marqué de la part du gouvernement, allié au RN-UDR, ainsi que de la gauche. En revanche, les groupes insoumis, écologistes et communistes se sont opposés à cette réforme. Lecornu, saluant cette avancée sur X, a déclaré : « pour la première fois depuis l’accord de Nouméa de 1998, le Parlement vote un ajustement du corps électoral provincial ». Ce nouveau cadre électoral survient alors que l'archipel se prépare à des élections cruciales dans moins de six semaines.
Ce changement ne va pas sans controverse. La question de l'élargissement du corps électoral est restée pendant longtemps un sujet explosif, contribuant aux émeutes qui ont dévasté la Nouvelle-Calédonie il y a deux ans. Ces événements tragiques avaient causé la mort de 14 personnes et des destructions estimées à deux milliards d'euros. La réforme vise principalement à inclure les « natifs » calédoniens, soit environ 10.500 personnes, qui n'avaient jusqu'à présent pas le droit de vote aux élections provinciales.
Les indépendantistes craignent que cette mesure dilute le vote kanak, tandis que les non-indépendantistes l'exigent au nom de l'égalité. Arthur Delaporte, député PS, a souligné l'importance de « réparer des erreurs de l’histoire », faisant référence aux générations nées après 1998, actuellement privées du scrutin provincial malgré leur participation aux référendums. Sébastien Lecornu a qualifié cette situation d’« absurde », affirmant qu'il était temps de corriger cette injustice.







