L'université de Nîmes s'associe à l'IFME pour lancer le tout premier diplôme universitaire de socio-oncologie en Europe, dont le lancement est prévu pour septembre. Cette initiative répond à la nécessité d'apporter une vision globale au traitement du cancer, une maladie qui impacte autant la santé physique que les dimensions sociale et affective de la vie des individus.
Le cancer touche 20% des hommes et 16% des femmes, transformant radicalement leur existence. Au-delà des traitements médicaux, l'accompagnement psychologique et social s'avère crucial. Selon Guy-Albert Rufin Duhamel, ingénieur social et expert en santé publique, "58% des soignants estiment avoir dû offrir une prise en charge non optimale aux patients". Cela soulève un point fondamental : la santé est conditionnée par des facteurs sociaux, économiques et territoriaux.
Accompagnement global
Rufin Duhamel souligne l'importance de considérer le cancer comme un "problème sociétal multifactoriel". Ce projet a été inspiré par des situations critiques comme celle de la Martinique, où des réalités telles que la précarité et l'accès difficile aux soins rendent le diagnostic et le traitement plus ardus. "Ici aussi, l'accès aux soins et l'isolement social pèsent sur les malades," précise Joffrey Henric, directeur adjoint de l'ARS Occitanie.
Démarrage de la formation en septembre
À partir de septembre, le DU de socio-oncologie proposera 120 heures de formation pour les professionnels de santé et du social. Ce diplôme se concentrera sur les parcours de soins, l'analyse des déterminants sociaux de santé, et l'accompagnement des malades et de leurs proches sur divers aspects. Ce diplôme, déjà présenté à la conférence internationale des instituts du travail social à Nairobi, ambitionne d'être reconnu internationalement, avec des collaborations en vue, notamment avec le Canada.
En outre, Duhamel met en lumière les liens entre précarité et cancer : "67% des malades citent des difficultés financières", et "14% des personnes ayant un revenu en dessous de 1500 euros par mois ont des restes à charge supérieurs à 1000 euros". Il souligne ainsi que l'accès aux droits et la lutte contre les inégalités se doivent d'être au cœur de la socio-oncologie.
Une question politique
Ce nouveau diplôme, qui a été présenté à l'université de Nîmes, aspire à établir des ponts entre différentes disciplines pour repenser l'accompagnement des personnes malades de manière globale. "La transdisciplinarité est notre signature," affirme Benoît Roig, président de l'université, manifestant son enthousiasme face à cette formation inédite sur le continent. L'objectif est de conceptualiser l'accompagnement autour du cancer depuis la prévention jusqu'à la réhabilitation post-cancer, car, comme le dit Duhamel, "le cancer est aussi une question politique".







