Pour la première fois depuis la fermeture l'an dernier du Marineland d'Antibes, le ministère de la Transition écologique organise une réunion essentielle ce lundi à 15H00, impliquant tous les acteurs concernés, dans le but de garantir un avenir meilleur pour les orques et les dauphins du parc marin.
La direction du parc souhaite un transfert rapide des cétacés, mais les ONG, qui défendent des sanctuaires en semi-liberté — encore essentiellement au stade de projet —, semblent désorganisées. Le gouvernement, de son côté, tâtonne depuis l'instauration en 2021 de la loi interdisant la captivité des cétacés en France.
Un accord de principe avait été établi avec des ONG l'an passé — sans Marineland — pour la création d'un espace d'accueil au ZooPark de Beauval pour les douze dauphins d'Antibes, et ceux du parc Planète sauvage, près de Nantes. Cependant, après la présentation du projet, 15 ONG et le rapporteur de la loi de 2021 ont menacé d'une opposition judiciaire, dénonçant une illusion de sanctuaire et la continuation de l'exploitation commerciale des cétacés.
Les critiques portent notamment sur la reproduction et les transferts des cétacés. D'un autre côté, certaines associations, comme l'ONG Sea Shepherd, travaillent étroitement avec Beauval pour l'élaboration d'une charte de conservation.
Marineland souligne avoir investi plusieurs millions d'euros depuis sa fermeture pour maintenir les infrastructures ainsi que le personnel et la nourriture nécessaires aux orques et aux dauphins. Le parc se vantait d'être le plus grand zoo marin d'Europe, mais admet que la prise en charge des dauphins à Beauval dès le printemps 2027 demeure dans le flou.
Un rapport d'expertise, commandé par la justice à la demande de Sea Shepherd, a déclaré que les dauphins pouvaient demeurer à Marineland. En revanche, il a averti de la "dégradation structurelle avancée" des bassins des orques, construits en 2000, qui souffrent désormais de fissures grandissantes.
Bien que ces bassins demeurent en fonction grâce à un entretien régulier, leur état est précaire, les rendant sensibles à un éventuel effondrement. Si tel était le cas, il n'existerait pas de solution de transfert rapide pour les orques, les rendant susceptibles d'être euthanasiés, en particulier Wikie (24 ans) et son fils Keijo (12 ans).
La direction du parc demande depuis plus d'un an à transférer les orques vers un autre établissement du même groupe, situé à Tenerife, mais se heurte à l'opposition des autorités espagnoles, qui jugent les bassins trop petits. En décembre, le ministre Mathieu Lefèvre a suggéré un éventuel transfert vers un sanctuaire en Nouvelle-Écosse, qui reste cependant un projet et soulève des défis d'adaptation pour des cétacés nés en captivité.
L'expérience de Keiko, l'orque du film "Sauvez Willy", illustre la complexité de tels transferts : sa réhabilitait a pris des années, et il est resté en grande partie dépendant des humains. De surcroît, deux belugas, récemment accueillis dans un sanctuaire d'Islande, éprouvent des difficultés d'adaptation.
Paul Watson, représentant de Sea Shepherd, a plaidé sur Facebook pour un sanctuaire en Méditerranée pour les orques, proposant une aide financière de 500.000 euros par an pour continuer les soins à Marineland. D'autres ONG telles que TideBreakers partagent l'idée de sanctuaires mais estiment qu'il est peut-être trop tard pour Wikie et Keijo.
Un message relayé par Jason James Richter, connu pour son rôle d'enfant dans "Sauvez Willy", souligne : "Contrairement à la fin hollywoodienne, Wikie et Keijo ne peuvent pas être simplement libérés, car nés en captivité, ils ne survivraient pas. Sans sanctuaire dédié, leur seule chance de survie serait le transfert dans un autre parc".







