Ce vendredi, un forum diplomatique s'est ouvert dans le sud de la Turquie, avec la participation notable du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Cet événement arrive à un moment crucial, alors que l'Iran a déclaré le détroit d'Ormuz "entièrement ouvert" et qu'Islamabad redouble d'efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Au lancement du forum, qui se déroule pendant trois jours à Antalya, le président turc Recep Tayyip Erdogan a souligné l'importance d'exploiter cette "fenêtre d'opportunité" créée par le cessez-le-feu actuel pour établir une paix durable. "Il est impératif que les mots prévalent sur les armes", a-t-il insisté, indiquant ainsi la nécessité de dialogues plutôt que de confrontations.
Erdogan, soulignant la nécessité de vigilance, a mis en garde contre d'éventuelles tentatives d'Israël de compromettre le processus de négociation, sans aborder directement le dernier cessez-le-feu entre Israël et le Liban.
- Rencontres à haut niveau -
En marge du forum, une rencontre a eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l'Égypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite, visant à explorer des solutions régionales face aux tensions actuelles, notamment celles liées aux relations tumultueuses entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Ce forum annuel coïncide avec une série d'initiatives du Pakistan pour favoriser de nouvelles discussions entre Washington et Téhéran, destinées à freiner les hostilités qui perdurent depuis le 28 mars, suite à l'intervention conjointe des États-Unis et d'Israël.
Le chef d'état-major pakistanais a rencontré des hauts responsables à Téhéran, tandis que Sharif a aussi discuté cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ainsi que l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale. Ces rencontres témoignent de l'implication du Pakistan dans le règlement de la crise.
Erdogan a également eu des échanges avec Sharif lors du forum, mettant l'accent sur la nécessité d'aborder la guerre et le quasi-blocus du détroit d'Ormuz, bien que la date précise de cette discussion demeure à confirmer.
Récemment, des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis au Pakistan ont échoué, bien que le cessez-le-feu de deux semaines instauré le 8 avril n'ait pas été rompu. La Turquie se positionne comme un acteur majeur dans le processus de stabilisation de la région.
Erdogan a affirmé que l'accès au détroit d'Ormuz doit rester sans restriction, soulignant que les droits des pays du Golfe à naviguer en haute mer ne devraient pas être mis en cause.
La Maison Blanche a indiqué que des négociations supplémentaires avec l'Iran seront probablement organisées à Islamabad, avec le vice-président JD Vance à la tête de la délégation américaine lors du premier cycle de discussions.
"Nous continuerons à soutenir tous les efforts pour transformer ce cessez-le-feu temporaire en une paix durable", a déclaré un porte-parole du ministère turc de la Défense, ajoutant que cette guerre a des répercussions non seulement au niveau régional mais aussi mondial.
Critiquant la position d'Israël, la Turquie s'associe aux initiatives diplomatiques menées par le Pakistan et l'Égypte pour établir un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban. Le forum réunit des représentants d'une centaine de nations, dont le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et plus de vingt chefs d'État et de gouvernement.
Le président syrien Ahmed al-Chareh a évoqué, lors de son intervention, la possibilité de négociations avec Israël concernant le plateau du Golan, si un accord de sécurité était atteint garantissant le retrait d'Israël des territoires syriens récemment occupés.







