La conquête peut attacher ensemble, enchaîner des parties hostiles, mais jamais les unir.
Jules Michelet
Tout au long de l'histoire, le récit de celle-ci a souvent été utilisé à des fins politiques. Certains Américains rappellent que sans leur intervention durant les deux guerres mondiales, la France et l'Europe auraient pu tomber sous l'influence allemande, parlant ainsi la langue de Joseph Goebbels, entre deux plats de choucroute. Cette idée, bien que discutable, est soutenue par Donald Trump, le président en exercice des États-Unis, qui provient d'une lignée ayant prospéré dans l'industrie hôtelière.
Mais si l'on se penche plus profondément sur l'histoire, il est clair que les États-Unis n'auraient probablement pas accédé à leur indépendance sans le soutien français, un fait souvent oublié. Le lieutenant-colonel Charles E. Stanton, lors d'une cérémonie en 1917, a évoqué cet héritage en déclarant : « Lafayette, nous voilà ». Une phrase qui résonne encore aujourd'hui dans les cœurs américains.
Récemment, lors d'une visite aux États-Unis, le roi Charles III a discuté de la démocratie avec le président américain, lui lançant une remarque pleine d'ironie : si l'Angleterre n'avait pas existé, l'Amérique aurait peut-être parlé français. Les médias français ont vite fait d'y voir une référence à la vente de la Louisiane, tandis que les commentateurs québécois y ont vu une méconnaissance de l’histoire locale. Cette citation du roi des Îles Salomon a suscité de vives réactions.
La légende de Muhlenberg, qui prétend que les États-Unis avaient envisagé de faire de l'allemand leur langue officielle en 1795, illustre les caprices du passé. Mais qu'en est-il du français ? La défaite française sur les plaines d'Abraham en 1759 n'était qu'un épisode parmi d'autres du premier conflit mondial, la guerre de Sept Ans. Malgré tout, même après cette défaite, les Français ont continué à soutenir les colons américains sans que ces derniers n'adoptent le français comme langue nationale.
Il est intéressant de se demander si l'intégration de la Nouvelle-France dans le giron français aurait réellement pu préserver la langue de Montesquieu en Amérique. Les enjeux de l'époque étaient complexes. Si Napoléon avait perdu la Louisiane, il est probable que le Canada aurait suivi la même trajectoire que d'autres territoires, intégrés dans le monde anglo-saxon.
Les propos de Charles III, en réalité, éclairent la complexité de la rivalité anglo-française qui a marqué l'histoire. Comme le souligne Le Monde, ses remarques soulèvent des questions sur cette relation historique partagée. Il est donc essentiel de déchiffrer le message que le roi transmet au président américain, tout en tenant compte des interprétations divergentes qui en découlent.
Pour conclure, la déclaration de Charles III reste un sujet de débat, reliant le passé à la réalité présente. En se moquant des subtilités linguistiques, il met en lumière les liens indéfectibles entre la France et les États-Unis, tout en rendant hommage à un passé commun qui mérite d'être célébré et non oublié.







