En Ouganda, une campagne de répression féroce contre l'opposition se renforce à l'approche des élections présidentielles prévues le 15 janvier. L’ONG Amnesty International a alerté sur des atteintes aux droits humains, notamment l'usage de la torture et d'arrestations arbitraires ciblant les partisans du principal adversaire politique de Yoweri Museveni.
Depuis 1986, Museveni, âgé de 81 ans, est à la tête du pays. Il représente un système qui suscite des préoccupations croissantes, notamment face à la montée en puissance de Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, chanteur populaire et figure emblématique de l'opposition. Ce dernier a dénoncé les pratiques répressives en cours.
Amnesty a rapporté que plusieurs centaines de partisans de la Plateforme d’unité nationale (NUP), le parti de Bobi Wine, ont été arrêtés sous des accusations diverses, dont incitation à la violence. « Les autorités ont lancé une campagne brutale de répression, rendant l'exercice de la liberté d'association presque impossible », souligne Tigere Chagutah, représentant d'Amnesty International.
Les violences ont atteint un niveau alarmant, comme en témoigne le meurtre d'un membre du NUP par la police lors d'un rassemblement en novembre dernier. De plus, plusieurs témoignages indiquent que les forces de sécurité ont eu recours à des gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques.
En réaction à cette situation, Bobi Wine a récemment interpellé Elon Musk, propriétaire de Starlink, pour rétablir l'accès à Internet dans le pays, craignant que le gouvernement ne coupe l'accès pendant les élections, empêchant ainsi la diffusion d'informations concernant d'éventuels fraudes ou violences.
Les inquiétudes quant à la transparence du scrutin sont amplifiées par les restrictions adoptées en décembre concernant l'importation de récepteurs satellite et le service Internet par satellite Starlink. Selon des experts, ces manœuvres visent à contrôler l'information et à étouffer la dissidence en amont des élections cruciales.
Alors que des experts en droits de l'homme.comparent cette situation à celle d'autres régimes autoritaires de la région, il est impératif que la communauté internationale réagisse face à ce retour en arrière inquiétant pour la démocratie en Ouganda.







