Nicolas Sarkozy face à la justice : le procès libyen en appel s'intensifie

Le procès en appel de Sarkozy entre dans une phase cruciale avec les réquisitions du parquet.
Nicolas Sarkozy face à la justice : le procès libyen en appel s'intensifie
©Thomas SAMSON, AFP - L'ex-président français Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2026 au Palais de justice de Paris

Deux mois après le début du procès en appel relatif aux soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, les réquisitions du parquet général ont débuté lundi après-midi.

Durant deux jours et demi, les avocats généraux Damien Brunet, Rodolphe Juy-Birmann et Sophie Meynard exposeront les arguments de l'accusation avant de demander mercredi des peines pour les dix prévenus déjà jugés depuis le 16 mars dans ce dossier sensible.

Lors du jugement initial, l'ex-président de la République, âgé de 71 ans aujourd'hui, avait essuyé des réquisitions de sept ans de prison, en plus de 300.000 euros d'amende et une inéligibilité de cinq ans, pour des chefs tels que corruption et association de malfaiteurs.

Condamné à cinq ans d'emprisonnement ferme, uniquement pour association de malfaiteurs, M. Sarkozy a purgé 20 jours en prison avant d'être libéré sous contrôle judiciaire dans l'attente du procès en appel. Ce dernier représente un moment décisif pour l'ancien président, le premier en France à avoir été incarcéré.

L'accusation, plus modérée que lors du précédent procès, pourrait soit renforcer son réquisitoire, soit en tempérer certains aspects. Dans cette affaire, Sarkozy, accompagné de Brice Hortefeux et Claude Guéant, est accusé d'avoir conclu un "pacte de corruption" avec le régime de Mouammar Kadhafi, incluant des financements illicites en échange de promesses de contreparties.

L'une des allégations centrales se concentre sur la situation pénale d'Abdallah Senoussi, un dignitaire condamné par la France pour son rôle dans l'attentat meurtrier du DC-10 d'UTA en 1989, impliquant des ressortissants français.

Malgré des condamnations antérieures dans d'autres affaires, Sarkozy clame son innocence, insistant sur le fait qu'aucun fonds libyen n'est traceable dans sa campagne électorale.

- Défense divisée -

Contrairement à la défense solidaire observée lors du premier procès, des fissures sont apparues en appel. Lors des audiences, Sarkozy a questionné la probité de Claude Guéant, qui n'assiste pas au procès pour des raisons de santé.

Guéant, âgé de 81 ans et condamné à six ans en première instance, a riposté par procuration en réfutant les affirmations de Sarkozy et en évoquant un dîner à Tripoli en 2007, où il aurait été sollicité par Sarkozy pour discuter des préoccupations relatives à Senoussi.

Ce témoignage risque de compromettre la défense de Sarkozy, bien que Guéant ait déclaré qu’aucune démarche officielle n’a été entreprise concernant Senoussi.

À l’approche de la fin des débats, Sarkozy a sorti ses dernières cartes en mettant en avant des éléments comptables provenant d'une clé USB livrée par l'ex-épouse de Ziad Takieddine, visant à démontrer la présence de rétrocommissions.

Les avocats représentant les victimes de l'attentat du DC-10, ainsi que des associations anticorruption, ont critiqué la défense de Sarkozy, appelant à "nettoyer" la corruption qui entache le dossier, dénonçant l'indécence de sa mise en scène de son séjour en prison ainsi que sa publication sur ces 20 jours derrière les barreaux.

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