Le groupe français Kering, propriétaire emblématique de la marque Gucci, se retrouve dans une tourmente depuis l'arrivée de Luca de Meo à sa direction générale en septembre. Selon les dernières annonces, les ventes pour 2025 ont chuté de 13% et le bénéfice net s'élève à seulement 72 millions d'euros, un chiffre divisant par plus de dix celui de l'année précédente.
Cette situation est aggravée par la baisse significative des ventes de Gucci, qui ont dégringolé de 22% pour atteindre 6 milliards d'euros sur l'année. Malgré cette baisse, Kering soutient avoir perçu des signes d'une amélioration récente, notamment grâce à des ventes solides de sacs à main, ce qui laisse entrevoir un léger optimisme pour l'avenir.
Dans un communiqué, Luca de Meo a déclaré : "La performance du groupe en 2025 ne reflète pas son véritable potentiel". Il a promis de mettre en place une feuille de route claire lors de leur prochaine journée des marchés financiers, prévue le 16 avril, pour relancer la croissance du groupe avec des stratégies de marques définies et une discipline financière renforcée.
La vente de sa division Beauté à L'Oréal pour 4 milliards de dollars, prévue pour le premier semestre de 2026, a poussé Kering à réviser ses résultats, excluant cette division des performances passées.
Les actions de Kering ont légèrement rebondi, avec une augmentation de plus de 12% lors d'une séance boursière, suite à un quatrième trimestre qui, bien que difficile, a été moins mauvais que prévu. Ce regain de confiance est perçu par les analystes comme un signe positif dans un environnement global tendu.
Pour relever le défi, de Meo a initié plusieurs changements stratégiques, notamment en plaçant Francesca Bellettini, l'ex-directrice adjointe de Kering, à la tête de Gucci, redéfinissant aussi la direction créative avec Demna, le styliste de Balenciaga.
En dépit des difficultés, Gucci demeure une pièce maîtresse pour Kering, représentant 41% des ventes annuelles et une large part de la rentabilité opérationnelle. Cependant, le directeur général se montre pragmatique, affirmant que "le niveau de bullshit a diminué fortement" au sein de l'entreprise, et qu'il cherche à encourager une collaboration plus étroite entre les différentes marques du portefeuille.
Dans les mois à venir, Kering envisage de fermer environ 150 de ses magasins, dont un tiers seraient des points de vente Gucci. Toutefois, de Meo a précisé que certaines boutiques pourraient rouvrir, mais il vise à réduire les pertes liées aux points de vente non rentables. Cette réorganisation impliquera principalement des fermetures en Asie et aux États-Unis.
Pour diversifier ses revenus et réduire sa dependence à Gucci, Kering mise sur une expansion de sa marque Yves Saint Laurent, notamment sur le marché chinois, qui présente de réelles opportunités. De plus, la marque McQueen, bien que plus petite, envisage de procéder à des ajustements stratégiques et potentiellement à des réductions d'effectifs face à des pertes financières.
En somme, 2026 représente pour Kering une occasion de solidifier ses bases et d'envisager une reconquête du marché. Comme le rappelle de Meo : "Je ne fais pas de la charité, on gère une boîte".







