Le Parlement brésilien a enregistré jeudi une seconde défaite cuisante pour le président Lula, en annulant son veto à une législation permettant une réduction de la peine de prison de Jair Bolsonaro, son prédécesseur.
Mercredi, le Sénat avait déjà refoulé le candidat proposé par Lula pour la Cour suprême, une première en plusieurs décennies. Ces revers se produisent alors que Lula, à 80 ans, se prépare pour une quête sans précédent d'un quatrième mandat, notamment face à Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite.
Lors d'une séance conjointe, les députés ont validé la loi par 318 voix pour et 144 contre, ainsi que 49 voix en faveur au Sénat contre 24 contre. Cette loi, adoptée fin 2025, modifie le calcul du temps de détention au bénéfice de Bolsonaro et d'autres condamnés pour tentative de coup d'État. Lula avait exercé son veto sur ce texte en janvier.
À l'annonce du résultat, des parlementaires conservateurs, réunis au centre de l'hémicycle, se sont levés pour célébrer, criant : "Liberté!". Ce texte pourrait également bénéficier aux personnes condamnées pour leur rôle dans les émeutes du 8 janvier 2023, lorsque des partisans de Bolsonaro ont attaqué les institutions à Brasilia, un événement qualifié de putschiste par la Cour suprême.
"Nous avons vu tant d'injustice. Mais aujourd'hui, un souffle d'espoir apparaît," a déclaré Diene Vilar, proche de l'une des condamnées, émue après le vote. "C'est un premier pas vers la justice pour ceux persécutés le 8 janvier," a ajouté Flavio Bolsonaro sur le réseau social X, remerciant ses collègues pour ce "cadeau d'anniversaire" en cette journée de ses 45 ans. Le sénateur a également exprimé : "Le gouvernement de Lula est fini, à la joie des Brésiliens," avant le vote, alors qu'il est donné au coude à coude avec Lula dans les sondages avant la présidentielle d'octobre.
- Séance grouillante -
Luciano Zucco, député bolsonariste, a encouragé ses collègues en disant : "La droite dit non au veto et espère qu’une amnistie viendra avec l'élection de Flavio Bolsonaro," au milieu d'un débat houleux mêlant cris et insults des deux camps.
Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison par la Cour suprême pour avoir tenté de conserver le pouvoir après sa défaite contre Lula en 2022, purge actuellement sa peine à domicile pour des raisons de santé. La nouvelle loi pourrait lui permettre de réduire sa période de détention, qui, selon les précédentes règles, ne lui permettait de demander un aménagement qu'à partir de 2033.
Les avocats de Bolsonaro devront déposer une requête auprès de la Cour suprême pour que cette réduction soit appliquée. Gleisi Hoffmann, députée du Parti des travailleurs (PT) de Lula, a déclaré : "Bolsonaro n'a pas gagné aux urnes et souhaite gagner par la force. L'adoption de cette loi pourrait encourager de nouveaux comportements similaires à l'avenir."
Des parlementaires de gauche ont par ailleurs rappelé l'importance de défendre la démocratie, un système encore assombri par les souvenirs de la dictature militaire qui a marqué le pays entre 1964 et 1985. Pedro Uczai, leader du PT à la chambre basse, a quant à lui mis en garde contre la montée de l'extrême droite, soulignant que ces événements posaient un risque pour la démocratie à l'avenir.







