L'enquête en cours révèle un modus operandi inquiétant et des victimes toujours non identifiées, poussant la gendarmerie à lancer un appel pressant à témoins.
Le parquet de Grenoble a récemment lancé un appel à témoins autour de Jacques Leveugle, un septuagénaire de 79 ans, sous le coup d'accusations graves de viols et d'agressions sexuelles sur 89 mineurs dans divers pays, entre 1967 et 2022. Il est également suspecté d'avoir commis des meurtres, dont celui de sa mère et de sa tante.
Né à Annecy en 1946, Jacques Leveugle a tenté des études en lettres et des formations d'éducateur, sans jamais les finaliser. Dans ses écrits, il se présente comme un « gentleman boy lover », citant à la fois la Grèce antique et des auteurs comme André Gide et Henry de Montherlant pour justifier ses penchants. Il affirme être « prodigieusement dégoûté » par toutes formes de sexualité, tout en reconnaissant une « nature particulière » attirée par les garçons au seuil de la puberté. Étienne Manteaux, le procureur, décrit Leveugle comme un « personnage particulièrement complexe », utilisant son « charisme » pour manipuler des jeunes issus de milieux défavorisés.
Des découvertes alarmantes sur clé USB
L’enquête a débuté en octobre 2023 lorsqu'un neveu a trouvé des clés USB dans sa chambre, contenant des « choses manifestement répréhensibles ».
Les enquêteurs découvrent dans ces documents denses des détails sur des rapports sexuels avec des mineurs, âgés de 13 à 17 ans, dans une dizaine de pays. L'enquête ne devrait pas se clore avant 2026, malgré l'âge avancé de Leveugle, un risque de prescription et un précédent signalement non abouti en 2016. La majorité de ses victimes présumées vivent en France et des investigations sont aussi prévues au Maroc.
Leveugle a parcouru le monde comme enseignant et éducateur, travaillant dans divers pays, de l'Algérie au Portugal. Arrêté en février 2024 lorsque vivant au Maroc, il a maintenu des liens avec sa famille en France. Serge Procédès, colonel de gendarmerie, évoque une « toile » tissée autour de chaque jeune, alliant investissement intellectuel et intentions malsaines.
Les meurtres révélés
Ces mémoires indiquent aussi que Leveugle a tué sa mère en 1974, alors qu'elle luttait contre un cancer, et sa tante en 1992, prétendument pour des raisons qu'il qualifie de bienveillantes. En expliquant ses actions, il fait preuve d'un détachement glaçant. Les autorités mènent aussi une enquête distincte sur ces meurtres. Pour le moment, seul un petit nombre de victimes ont pu être identifiées parmi les 89, renforçant la nécessité de l'appel à témoins lancé par la gendarmerie avec des lignes d'assistance dédiées.
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