Le régime en place en Iran a exécuté 1 639 individus en 2025, atteignant un pic alarmant depuis plus de trois décennies. Le 13 avril, deux ONG, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Iran Human Rights (IHR), ont publié ce rapport, mettant en lumière cette augmentation inquiétante des pendaisons, en grande partie liée au climat de tension internationale exacerbé par le conflit israélo-américain.
Ce bilan tragique, qui représente une hausse de 68 % par rapport aux 975 exécutions enregistrées en 2024, a conduit les deux organisations à exprimer leur profonde inquiétude. Selon IranWire, un média d'opposition, ces chiffres pourraient ne représenter qu'une fraction de la réalité, soulignant la difficulté d'accéder à des informations fiables sur une question aussi sensible. "Le chiffre réel pourrait ainsi être considérablement plus élevé", rapportent-ils.
Parmi les victimes, 48 femmes ont été exécutées, signalant une tendance alarmante dans l'application de la peine de mort en Iran, comme le mentionne également un rapport d'Iran Human Rights.
“Outil de pression et de répression”
Les ONG dénoncent l'utilisation croissante de la peine capitale par le gouvernement iranien comme "un instrument de contrôle et de suppression des manifestations", s’inquiétant toujours plus de cette recrudescence au milieu des tensions politiques actuelles.
Les violences ont atteint un paroxysme en début d'année, lorsque des manifestations ont été sévèrement réprimées, causant la mort de milliers de citoyens, avec des sources avancant jusqu'à 30 000 victimes. Cette escalade de la violence a également conduit à l'exécution d'autres manifestants, accentuant la répression au fur et à mesure que le conflit se prolonge.
Des ONG alertent que "des centaines de manifestants détenus risquent toujours d'être condamnés à mort". Mahmood Amiry-Moghaddam, le directeur d'Iran Human Rights, a souligné que ces exécutions font partie de la "stratégie de survie" de la République islamique dans sa guerre contre son propre peuple, comme il l'énonce dans un entretien récent.
En dehors de ces chiffres alarmants, Amnesty International déclare que l'Iran reste le pays où le taux d'exécutions par habitant est le plus élevé au monde, exacerbant un paysage déjà troublé par des violations étendues des droits humains.







