Lors d'une réunion publique ce mardi 10 février 2026, une centaine d'habitants d'Éterville ont exprimé leurs vives inquiétudes et leur colère devant le maire Thierry Saint concernant le projet d'accueil des gens du voyage dans leur commune. Les tensions montent alors que ce projet, initié il y a plus d'un an, n'a toujours pas été voté en conseil municipal.
Le maire de cette commune au sud de Caen tentait d'expliquer son initiative, mais s'est rapidement retrouvé face à une avalanche de critiques. Nombreux sont ceux qui l'ont accusé d'avoir pris une décision unilatérale, sans consulter convenablement les élus et les citoyens. "Cette proposition n’a pas été soumise au vote. C'est une initiative personnelle du maire qui ne respecte pas la réglementation", déplore Pauline, une habitante à l'origine d'un recours gracieux signé par 189 résidents visant à faire annuler le projet auprès de la communauté urbaine.
En l'absence de réponse de Caen la mer, ces citoyens envisagent même de se tourner vers le tribunal administratif pour un recours contentieux. Thierry Saint, quant à lui, reste incertain quant à l'issue de ces démarches mais semble conscient de l'ampleur de son erreur. "Ce n'était pas l'idée du siècle. L'important maintenant est de réparer et de trouver des solutions pour apaiser les tensions", a-t-il déclaré.
Avec l'élection municipale prévue pour mars 2026, ce dossier pourrait bien être un enjeu central des campagnes. Thierry Saint semble également dans une impasse, ne sachant pas encore s'il se représentera, alors qu'une liste dissidente, dirigée par sa première adjointe Sylvie Pernoit, fait déjà des vagues au sein du conseil municipal. Une dizaine des 19 élus de l'équipe actuelle a ainsi choisi de les rejoindre.
Pour surmonter cette crise, le maire envisage une "clause de revoyure" en 2028, espérant démontrer qu'Éterville ne peut pas fournir un terrain adéquat pour les gens du voyage. Cependant, la situation actuelle laisse beaucoup de questions sans réponse pour les habitants, qui demandent des clarifications et une prise en compte réelle de leurs préoccupations.







